Les Belges francophones s’intéressent à l’Europe

D’accord, avec une “drache” permanente, il faisait un temps à ne pas mettre un Belge francophone dehors; d’accord aussi, samedi matin, débutait la ruée vers l’or des soldes même si rares sont nos compatriotes à se précipiter en masse dès le premier jour dans leurs centres commerciaux…

Mille candidats

Mais quand même, de là à se muer en citoyens consciencieux et à remplir l’hémicycle du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme un mercredi de votes en séance plénière, pour aborder l’avenir de l’Europe, il fallait oser le pari…

Le Parlement francophone a relevé le défi avec panache puisque pratiquement tous les “député(e) s virtuel (le) s” retenus avaient répondu à l’appel du président Philippe Courard (PS) et du secrétaire général Xavier Baeselen (MR) pour lancer le Parlement citoyen invité à se pencher sur l’avenir de l’Union européenne et de l’Europe tout court.

Certes, l’euroscepticisme ne cesse d’essaimer, mais il reste qu’un grand nombre de nos concitoyens se sent encore concerné par le projet européen et veut l’amender, le réformer, l’améliorer.

C’est ainsi que le Parlement francophone a enregistré un petit millier de candidats au débat citoyen en deux étapes soutenu par l’ULB ainsi que par “La Libre Belgique” et “La Dernière Heure”.

Finalement, 94 d’entre eux – comme le nombre d’élus qui siègent à l’Hôtel de Ligne – ont été retenus, en tenant compte de divers facteurs afin qu’ils soient réellement représentatifs de la Belgique francophone. Faut-il le dire ? Un grand nombre d’entre eux piaffait d’impatience de saisir le micro et de faire entendre leur point de vue.

Ils n’entreront cependant vraiment dans l’arène que le 23 septembre prochain lors d’une journée complète de travail en commission et en plénière, avec l’appui logistique du Parlement, de l’ULB mais aussi de Particitiz, qui vise à renforcer la participation citoyenne. Cette association a aussi récemment sifflé la fin d’un “Molenbeekbashing” permanent en donnant la parole à ses habitants, qui ont pu remettre les pendules à l’heure.

Au Parlement francophone, on a opté pour une conférence de consensus, qui débouchera sur une résolution citoyenne, laquelle sera soumise à l’assemblée, mais aussi aux sphères de décision européennes.

Le 60e anniversaire du traité de Rome est, évidemment, une belle opportunité pour relancer une machine grippée par la montée des populismes et par le rejet croissant du monde politique dans nombre de pays.

Un sujet balisé et canalisé

Samedi, on a surtout balisé le sujet afin de ne pas aller dans toutes les directions. Avec le choix de partir du livre blanc sur l’avenir de l’Europe et donc d’inviter les citoyens à travailler sur les scénarios qui y figurent.

A savoir la fin de l’Union actuelle, une Europe focalisée uniquement sur l’économie et le commerce, une Europe à géométrie variable avec des Etats membres voulant aller plus loin ou l’inverse et, “last but not least” , l’option d’une Europe fédérale forte…

Des pistes qui allaient être précisées par Camille Kelbel (Cevipol-ULB) et par Jimmy Jamar, le chef de la Représentation belge à la Commission européenne alors que Xavier Baeselen fit une présentation synthétique de l’évolution de l’Union.

Ont-ils trop canalisé leur communication tout en étant trop exhaustifs ? Toujours est-il qu’à la sortie, plusieurs participants restaient un peu sur leur faim et auraient déjà voulu lancer le débat.

Un vent de fronde rafraîchissant

On a perçu une réelle volonté de proposition chez plusieurs d’entre eux, volonté qui devrait émerger le 23 septembre.

Ainsi dans le chef d’Alain Gilbert (Grâce-Hollogne), qui entend analyser plus avant les pistes prônées par Jean-Claude Juncker, là où Michel Klimis (Watermael-Boitsfort) a exprimé son souci de ne pas voir s’aggraver la cassure entre les économies du nord et du sud de l’Europe.

Pour Virginie Bogaert (Jette), il y a aussi du boulot dans la sensibilisation de la jeunesse, que l’on ferait mieux d’initier positivement à l’aventure européenne plutôt que de la décourager en parlant sans cesse du terrorisme…

Trois voix parmi d’autres, qui montrent que les citoyens sont encore intéressés par l’Europe. “En même temps, nous souffle la députée Valérie De Bue (MR), qui a aussi vécu de près les iniatives citoyennes au Parlement wallon, ils se rendront bien vite compte que la démocratie est un exercice difficile…”

Christian Laporte LBB■

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